Publicité Cinéma Actualité Boutique Tout savoir sur Alexis Films
Longs métrages Courts métrages Documentaires Projets Distribution
L'affaire Petiot L’affaire Petiot
Points d’exception de l’affaire :

L’affaire Petiot est une affaire rare, sinon unique dans les annales du crime, car elle est exceptionnelle à tous les points de vue :

L’époque :
L’affaire commence en France sous la croix gammée et se termine sous la croix de Lorraine. Epoque, riche en évènements majeurs et trouble s’il en est, où il sera difficile de démêler le vrai du faux. C’est dans ce contexte historique extrêmement chargé que s’inscrit l’affaire Petiot.

Les victimes :
Au moins une cinquantaine. L’acte d’accusation en recense 27. L’accusé en revendique 63 au titre d’exécutions de « boches » ou de « collabos ».

Les protagonistes (principaux) :
Tout d’abord l’accusé :
Marcel Petiot, médecin de l’état civil, Maire de Villeneuve-sur-Yvonne, marié à Georgette dont le père tient un restaurant fréquenté par le gratin politique à Paris : à trente ans, Petiot à une autoroute ouverte devant lui, il est « Ministrable » et pourtant il devient un assassin, sans que l’on n’ait jamais su pourquoi. Il gâche tout. Plusieurs expertises psychiatriques le concernant ne résoudront pas le problème : il est déclaré sain d’esprit, à chaque fois.

Informations générales
CV du scénariste
Exceptionnalité de l’affaire
René Floriot, avocat au barreau de Paris. D’origine modeste, dur à la tâche, travailleur acharné, plaidant sur des dossiers passés au crible (celui de Petiot pèse 30 kilos), il a construit sa notoriété seul, sans aucun appui, avec son talent et son opiniâtreté. C’est une vedette du barreau, au pénal. Il le restera. Vingt ans après l’affaire Petiot, il déclarera ne « RIEN savoir sur Petiot » : il a plaidé sur dossier. Une plaidoirie commencée à 15h00 et terminée à 21h30, sans interruption : un exploit sans précédent, salué par des applaudissements ... comme à l’Opéra, sous les lambris austères de la grande salle des assises de Paris.

Massu, commissaire divisionnaire, chef de la brigade criminelle du fameux 36 quai des orfèvres à Paris. Chargé de l’enquête dès la découverte du charnier (11 mars 1944) en pleine occupation. Il est alors « le premier fic de France », l’homme aux 4000 arrestations dont celle, fameuse, de la « bande à Bonnot » dans les années trente et dont Simenon s’est inspiré pour construire son « Maigret ». De fait, Simenon et Massu se connaissaient et s’estimaient. Il est célèbre. Petiot le mettra au tapis à l’apogée de sa carrière. Il finira dans l’oubli.

Rol Tanguy, colonel F.F.I., résistant de la première heure, coordinateur et instigateur de l’insurrection parisienne en août 1944. Commandant de la place de Paris. C’est lui qui arrêtera Petiot en 1946 alors qu’il était infiltré dans ses propres rangs sous un faux nom, comme Capitaine F.F.I., et Magistrat Instructeur chargé de l’épuration ! Il ne se présentera pas au procès, pas plus que le Colonel Devawrin, patron de la D.G.E.R., ancêtre de la D.G.S.E., cité par l’accusation pour démonter la thèse de « Petiot résistant ».

Le docteur Paul, jovial, bon vivant, mondain, célébrissime médecin légiste ayant acquis sa notoriété dans l’affaire Landru en calculant le temps de combustion d’un corps dans un calorifère et l’examen de ce qu’il en reste. Il n’arrivera pourtant jamais à identifier un seul cadavre, comme il l’avait fait pour Landru. Il reconnaîtra, cependant, que les dissections étaient faites par un professionnel, ce à quoi Floriot lui répondra, note en main, que Petiot étudiant, à son examen d’anatomie, avait obtenu une note médiocre.

Monsieur de Rougemont, graphologue, également rendu célèbre par d’autres affaires, se fera ridiculiser par Maître Floriot en pleine audience et aura sa fin de carrière brisée par cela.

Bony et Lafont :
Bony : grand flic des années 30, mais, corrompu. Connaît bien Massu.
Lafont : Chamberlin de son vrai nom. Opportuniste, sans scrupule, corrompu. Fasciné par l’argent et le pouvoir. A eux deux, ils dirigent la célèbre officine, de sinistre mémoire, de la rue Lauriston, siège de la Gestapo française. Lafont lancera un mandat d’amener contre Petiot et se tiendra régulièrement informé de l’enquête de Massu. Ils seront tous les deux arrêtés, jugés et exécutés à la libération.

Yodkum et Berger, tous les deux officiers supérieurs de la Gestapo allemande chargée des affaires juives siégeant rue des Saussaies à Paris. Ils dirigent, chacun, des services concurrents et se tirent dans les pattes. Ils arrêtent le « Docteur Eugève » en 1943, AVANT l’affaire. Ils enquêtent alors sur des filières chargées de faire passer des juifs à l’étranger et dont le docteur Eugène serait le chef de réseau. Ils passent Petiot à la question et, malgré les tortures d’usage, n’obtiennent aucun aveu. Ils le relâchent sans condition.
Ils disparaîtront tous les deux à la chute du IIIe Reich via le réseau O.D.E.S.S.A. sans jamais refaire surface.

Les témoins :
Cités à la barre, pas moins d’une centaine. A charge et à décharge.

Georgette Petiot, épouse du docteur, défendra son mari bec et ongles jusqu’à son exécution, et, moins d’un an plus tard, se mariera à Bordeaux avec ... un Procureur de la République ! ...

Gérard Petiot, fils unique du docteur, âgé de 18 ans à l’exécution de son père, disparaîtra aussitôt après, sans jamais laisser aucune trace. Y compris à ce jour. D’aucun diront qu’il s’est engagé dans la légion étrangère, d’autres qu’ils s’est enfui avec le magot de papa, jamais retrouvé.

Les pièces à convictions :
Trois tonnes et demie entassées jusqu’au plafond aux assises de la Seine. Du jamais vu.

Le procès :
14 jours d’affilés. Le tout Paris est présent, même le gotha mondain dont le Prince Rainer de Monaco, fraîchement intronisé. Toute la presse internationale est là, américaine comprise. Du jamais vu. Floriot est assisté de 4 jeunes avocats dont Liebman qui fera carrière. Ils font face à 14 avocats de la partie civile emmenés par maître Veron (ancien avocat de Petiot), authentique résistant, le seul à porter sur sa robe noire, la barrette rouge des compagnons de la libération. C’est lui qui le perdra.

Les minutes du procès :
Disparues.

Tout savoir sur Alexis Films > Cinéma > Projets > L’affaire Petiot > Exceptionnalité de l’affaire
2008 © Alexis Films