Entretien avec Gérard Jugnot (Paolo)
Vos premières réactions à la lecture du scénario ?
Jean-Loup est pour moi un des plus grands scénaristes du cinéma français. Jai trouvé, tout de suite, le sujet de « Trois Petites Filles » formidable. Jean-Loup sait peindre les femmes, les filles ... Et puis, ce film allait me changer, sans jeu de mots, des petits garçons avec qui je travaille beaucoup. Ces trois petites filles par ailleurs ne sont pas si petites que ça, elles deviennent trois grandes femmes au contact dune quatrième très belle et libre. Ce nest pas un film denfants.
Il fallait aussi trouver lactrice qui jouerait le rôle de la gogo-danseuse. Jean-Loup ma parlé dAdriana. Jai un peu suffoqué au départ (rires). Mais, je lavais vue dans une pub pour une marque dautomobiles, et ce quelle faisait était loin dêtre évident alors je me suis dit pourquoi pas ?
Comment sest déroulé le tournage ?
Le film sest monté difficilement ... et le tournage sest déroulé dans des conditions très « RocknRoll » comme le dit lexpression. Personnellement jai eu trois semaines de tournages, jétais en pleine tournée au théâtre en parallèle ... Je jouais un homme du 18
ème siècle avec cinq femmes, et je retrouvais encore des filles en Corse !!!
Cétait fatigant mais un vrai climat de bonheur. Les petites étaient dune complicité incroyable ! Tout sest passé de manière tellement improbable quil peut en ressortir quelque chose dincroyable. Ça a été un « miracle », Jean-Loup a réécrit au fur et à mesure le scénario car vu la météo on a même dû changer de saison ! Etant un metteur en scène confirmé, il savait quil devait aller vite et à larrivée cest un film sur lénergie, lhumeur, le feeling et lémotion ... une sorte de « Pialat Light ».
Jean-Loup sest servi de ce quil « voyait », ça donne un côté magique, un peu comme un film « volé ». Mais en tous cas une belle expérience avec trois magnifiques petites filles et ... une grande pas mal ! (rires)
Travailler avec Adriana Karembeu ?
Adriana est une actrice débutante mais elle a une vraie sensibilité, ce nest pas un mannequin qui joue. Elle a beaucoup travaillé son personnage complexe et ambigu de « Laetitia » qui nétait pas facile à interpréter. Laetitia est à la fois maternelle et nymphomane. Ça casse un peu son image de bimbo. On ne soccupait pas de ses jambons mais de sa cervelle ... Et aussi de son cœur. Elle est dune simplicité incroyable. Elle a su sabandonner dans la confiance et la connivence. Jai tenté de la rassurer, de la faire rire, de casser les appréhensions. Jai travaillé avec elle comme avec dautres enfants. Javais quatre petites filles en fait (rires).
Un souvenir de tournage ?
Chaque fois que jarrivais, il pleuvait ! (éclat de rire). Jai du faire aussi dans la même journée Porto-Ajaccio, Ajaccio-Marseille, Marseille-Paris, Paris-Lille pour arriver à temps et jouer sur scène le soir même ! Javais des angoisses pour les avions, jai vécu un peu comme un « déraciné ». Mais mon souvenir général est une expérience magnifique, qui ma en plus permis de découvrir la Corse en période non touristique et où jai rencontré des gens très sympathiques.