Dès ma plus tendre enfance, je suivais mon grand-père que jadorais dans sa chambre noire où, étant photographe et cinéaste amateur, il développait lui-même ses films en noir et blanc. Aussi, lorsque la lampe rouge sallumait, que « le rouge était mis », je baignais toute entière dans une atmosphère irréelle où peu à peu apparaissaient les images comme par enchantement : un mystère total, cétait magique. Plus tard, vers 7 ou 8 ans, jaccompagnais mon père, qui était grand maître international aux échecs, lors de ses perpétuelles et interminables compétitions. Aussi me déposait-il dans un cinéma de quartier sous la surveillance de louvreuse.
Cest ainsi que je passai de la « chambre noire » à la « salle obscure », usine à rêves par excellence. Etait-ce une prédestination ? Je ne sais. En tous cas, formée par Jacqueline Pierreux et Tom Coene, je devins productrice.
La passion était déjà là avec sa part inhérente de folie. Ce quun grand patron de cinéma a dit, « Il nest pas nécessaire dêtre fou pour faire du cinéma, mais cela aide », est parfaitement vérifié en ce qui me concerne. En effet, sans cette part de folie, comment supporter dans ce métier à haut risque les coups de semonce des banques quant aux découverts, les mises en garde du notaire sur lhypothèque de biens propres, le regard de la famille et des amis qui vous prennent pour une kamikaze ? Comment supporter toutes les Cassandre porteuses et annonciatrices de mauvaises nouvelles ? Mais lorsque le « chasseur zéro » accouche de la copie zéro, cest la récompense car elle est le fruit de la passion et de lamour, la justification de toutes les peines et dangers encourus.
Aujourdhui, je ne compte travailler, quitte à ne faire quun film par an, quavec des personnes de cette trempe, qui partagent la même vision du cinéma et qui sengagent jusquau bout quoiquil advienne, envers et contre tout, jusquà ce que le film existe avec ceux qui se battent et qui ferraillent car je préfère encore le son du fer à celui du métal doré.
Films produits
- Le prince de ce monde de Manuel Gomez (2008, 100)
- Khalass de Borhane Alaouié (2007, 100)
- 3 petites filles de Jean-Loup Hubert (2004, 105)
- La résurrection de Marcel de Philippe Esmenard et Serge Dietrich (2004, 10)
- Dédales de René Manzor (2003, 100)
- Tirana, année zéro de Fatmir Koçi (2001, 89)
- Ali Zaoua, prince de la rue de Nabil Ayouch (2000, 90)
- Chambre Froide d'Olivier Masset-Depasse (2000, 27)
- Les trois petits popotins de Manuel Gomez (2000, 8)
- Sans Titre de Manuel Gomez (1999, 4)
- Pure fiction de Marian Handwerker (1998, 95)
- La fleur noire d'Eric Figon (1998, 11)
- Peccato de Manuel Gomez (1997, 73)
- Sem terra de Jean Timmerman (1997, 52)
- Confitéor de Maurice Lamy (1997)
- Dites-le avec les mains de Daniel Hiquet (1997)
- In mortem de Daniel Cooreman (1997, 7)
- Le sourire des femmes de Stéphane Vuillet (1997, 20)
- La malédiction du doktor Schnitzel d'Eric Figon (1997, 9)
- Palmyra de Tatiana de Perlinghi (1997, 14)
- Les professionnels de Daniel Cooreman (1997, 9)
- Une chambre pour la nuit de Philippe Elhem (1996, 18)
- Jingle bells de Dirk Belien (1996, 13)
- L'insoupçonnable univers de Josiane de Martine Doyen (1996, 27)
- Ira-diation de Manuel Gomez (1996, 9)
- La méprise de Philippe Elhem (1994, 10')
- Ubu de Manuel Gomez (1994, 9)
- Le petit rouge de Manuel Gomez (1994, 9)
- Le trieur de Philippe Boon et Laurent Brandenbourger (1993, 11)
- Questa pazza e fantastica d'Herman Van Eyken (1993, 52')